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Camille Houle-Eichel [elle]

Doctorat en études anglaises

Codirection : Heike Härting et Heather Meek

Titre de la thèse : Chronic Accumulation: A Transhistorical Study of (In)Visible Illness Narratives

Contact : camille.houle-eichel@umontreal.ca

 

CV

ORCID

Thesis Abstract

Unlike narratives of illness that follow patterns of discovery, suffering, death, or cure, chronic illness narratives – whether memoirs, novels, or poetry – tend to document progressive forms of decay and debility. As such, these narratives employ different registers of time and are rarely written in a linear form. Rather, they are fragmented and discontinuous narratives operating in various temporalities at once and project multiple, however fragile and uncertain, health futurities. This transhistorical research analyses narratives of chronic illness and conditions through specific metaphors and epistemologies of consumption. In the health humanities the growing interest in such illness narratives is primarily concerned with the analysis of individual illness experiences where the body is “made strange”.  I expand upon that notion of strangeness by engaging with the term chronic illness as a planetary health concern wherein the planet is itself made strange. Over the last decades, pathogens generated by the Anthropocene and the slow violence of systemic environmental pollution have created a new order of disease. Subsequently, concerns about human and nonhuman health in the era of the Anthropocene are no longer national nor global concerns, but have taken on a planetary dimension. At the crux of this project is the historicization of chronic illnesses and conditions as anthropogenic sites of accumulation. I analyse how such bodily sites metabolize collective experiences of colonial violence through the discursive elements of starvation, mastication, and digestion. I see the metaphorical and allegorical manifestations of these discursive elements as unsettled/unsettling within the literary works I scrutinize. I address this nexus through an exploration of what I call “chronic conditions,” a term that refers to the build-up of environmental, sociopolitical, cultural and historical contaminants equally detrimental to human, nonhuman, and planetary health. As such, I see metaphor and allegory acting within these narratives of chronic conditions as mutable categories, expanding upon the concepts of consumption and accumulation as transgressive acts of transformation.

Résumé de la thèse

Contrairement aux récits de maladie qui suivent des schémas de découverte, de souffrance, de mort ou de guérison, les récits de maladie chroniques, qu'il s'agisse de mémoires, de romans ou de poèmes, tendent à documenter des formes progressives de dégradation et de débilité. Ces récits utilisent différents registres temporels et sont rarement écrits de manière linéaire. Il s'agit plutôt de récits fragmentés et discontinus qui s'inscrivent dans plusieurs temporalités et qui projettent des avenirs multiples, bien que fragiles et incertains, en matière de santé. Cette recherche transhistorique analyse les récits de conditions chroniques à travers des métaphores et des épistémologies spécifiques de la consommation. Dans les sciences humaines de la santé, l'intérêt croissant pour ces récits de maladie concerne principalement l'analyse des expériences individuelles où le corps devient étrange.  Je développe cette notion d'étrangeté en abordant le terme de maladie chronique comme un problème de santé planétaire où la planète elle-même devient étrange. Au cours des dernières décennies, les agents pathogènes d'origine anthropogénique et de la pollution systémique de l'environnement ont créé un nouvel ordre de maladies. Par conséquent, les préoccupations relatives à la santé humaine et non humaine à l'ère de l'Anthropocène ne sont plus des préoccupations nationales ou mondiales, mais ont pris une dimension planétaire. Au cœur de ce projet se trouve l'historicisation des conditions chroniques en tant que sites anthropogéniques d'accumulation. J'analyse comment ces sites corporels métabolisent les expériences collectives de la violence coloniale à travers les éléments discursifs de la famine, de la mastication et de la digestion. J'aborde ce lien en explorant ce que j'appelle les « conditions chroniques », un terme qui fait référence à l'accumulation de contaminants environnementaux, sociopolitiques, culturels et historiques tout aussi préjudiciables à la santé humaine, non humaine et planétaire.