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Nejla El Solh [elle]

Doctorat en littérature, option études littéraires et intermédiales

Codirection : Najat Rahman et Barbara Agnese

Titre de la thèse : Entre deux temps: espaces, temporalités et mémoire dans les imaginaires de la génération 1.5 libanaise 

Contact : nejla.el.solh@umontreal.ca

 

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Résumé de la thèse

La guerre civile libanaise (1975-1990) a laissé un paysage mémoriel fragmenté, marqué par une amnistie générale qui, au nom de la réconciliation nationale, a imposé le silence plutôt que la justice. Cette injonction à « ne pas regarder en arrière » a créé un vide comparable à un secret de famille à l’échelle d’un pays : la génération née avant le conflit se tait, la génération 1.5 hérite d’une mémoire ambiguë, et les suivantes ignorent en grande partie un passé qui continue pourtant de les façonner. Face à cet effacement, la littérature, le cinéma et la photographie produits par des artistes d’origine libanaise préservent des traces sensibles de cette histoire, révélant des mémoires individuelles et collectives complexes. 

Cette recherche interroge la capacité de l’écriture et de l’image à résister à l’effacement, à contourner les formes de censure et à ouvrir un espace de vérité parallèle aux discours officiels. À partir d’un corpus d’œuvres d’artistes de la génération 1.5, elle examine comment la mémoire traumatique se déploie dans des formes hybrides, entre fiction et histoire. Une attention particulière est portée à la manière dont la mémoire reconfigure les repères spatiaux et temporels, produisant des récits où lieux, temporalités et perceptions se brouillent. 

Mobilisant la narratologie, la psychanalyse, les études du trauma et la sociocritique, cette étude s’appuie sur des réflexions sur les rapports entre mémoire, histoire et littérature. Elle pose l’hypothèse que la création artistique constitue un espace de résistance, de catharsis et de révélation. À travers des formes fragmentées ou cryptiques, les artistes élaborent une contre-narration du passé, refusant l’oubli et transgressant le silence. Cette recherche met ainsi en lumière les enjeux de transmission du trauma et de construction d’une mémoire collective encore en quête de reconnaissance.