Ágota Tekla Bú [elle]

Doctorat en littérature, option littérature comparée
Codirection : Barbara Agnese et Michel Mallet (Université de Moncton)
Titre de la thèse : Mémoires et emploi des mythes. L'expérience pré- et post-exil de l'Europe de l'Est chez Sándor Márai, Herta Müller et Maya Ombasic
Contact : agota.tekla.bu@umontreal.ca
Résumé de la thèse
Les décennies qui ont suivi la fin de la Seconde Guerre mondiale ont fait émerger une littérature à propos de l’Europe de l’Est qui interroge tout autant l’Histoire et la politique que l’identité. La fin de la Seconde Guerre mondiale s’était soldée par une occupation soviétique en Hongrie et par une dictature des plus doctrinaires en Roumanie qui a duré quarante-cinq ans. Plus tard, nous pouvions être témoins d’un basculement du régime communiste en Ex-Yougoslavie dans une guerre ethnique qui a duré dix ans. Cette conjoncture d’un demi-siècle de troubles a forcé de nombreux écrivains et de nombreuses écrivaines à s’exiler en Occident (en Europe occidentale ou en Amérique).
À travers les oeuvres d’exil de l’écrivain hongrois Sándor Márai (1900, Košice -1989, Californie, écrivain hongrois le plus traduit), de l’écrivaine de langue allemande originaire de Roumanie, Herta Müller (1953, Nițchidorf, prix Nobel de littérature 2009), et celles de l’écrivaine montréalaise d’origine bosniaque Maya Ombasic (1979, Mostar (Bosnie-Hérzégovine), enseignante de philosophie au Cégep Saint Laurent à Montréal), je cherche à montrer le lien étroit qui existe entre l’écriture, les mémoires - pour la plupart traumatiques - et les mythes. En m’appuyant sur des théories des mémoires collective et individuelle et de pratique de l’espace, je vise à montrer que l’écriture de soi concernant l’Europe de l’Est obéit à des formes de ritualisation et mobilise beaucoup de mythes (antiques et religieux); ceci semble déterminé par la situation d’exil et par des idéologies qui ont dominé l’Europe de l’Est.
L’analyse des oeuvres de ces trois écrivain.e.s de trois cultures et générations différentes montrera que, malgré l’exil, l’ appartenance à des territoires et des histoires communs (celle d’une culture d'Europe Centrale) reste déterminante pour l’écriture mais aussi, que le rapport à l’exil et à la patrie d’origine évolue d’une génération à l’autre.