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Mathieu Rondeau [il/lui]

Doctorat en littérature, option études littéraires et intermédiales

Direction : Livia Monnet

Titre de la thèse : Désirs animés : le développement de relations parasociales à travers l’animation japonaise

Contact : mathieu.rondeau@umontreal.ca

Résumé de la thèse

Le présent projet de recherche vise à étudier les liens entre le développement de paraphilies à travers l’animation japonaise, l’écologie transmédiale qui en découle et son potentiel pour l’établissement de relations parasociales avec la spectatrice et le spectateur; c’est-à-dire un type de socialité unidirectionnelle envers un personnage de fiction. Ce type de relation à l’image n’est pas nouveau : des théories du cinéma s’intéressent à ce phénomène depuis le milieu des années 1950. Plus récemment, des études à cet égard mêlant les théories sur le genre et la sexualité ont commencé à faire surface. Elles soutiennent entre autres que, la proposition voulant que les personnes qui éprouvent de tels sentiments se situent « en dehors » des normes sociales jugées acceptables, s’affiche comme ridicule car elle réutilise un argument ad populum qui est encore dirigé contre les personnes non hétérosexuelles, et plus récemment contre les personnes transgenres. 

Pour ce faire, l’analyse se limite aux personnages (kyara) associés à l’animation japonaise (anime) afin d’ancrer le projet non pas dans un cadre national, mais bien dans celui d’une sous-culture spécifique (otaku) qui aujourd’hui dépasse les frontières du Japon. Ce processus affectif sera étudié sous trois angles qui sont évolutifs et interdépendants : le stade ficto-amical, le stade ficto-romantique et le stade ficto-sexuel. Ce projet, encore au stade embryonnaire, s’ouvre à l’exploration de plusieurs pistes mêlant les percées dans le néo-animisme, les recherches sur l’Orientalisme et l’étude du mouvement des involuntary celibates (« incels »). Ces aspects seront cristallisés dans une quatrième partie se concentrant sur le désir de « devenir » un personnage animé à travers des actes de performativité (par exemple, avec le cosplay) qui peuvent ensuite se traduire par une dysphorie de genre pour ceux concernés, faisant écho au concept controversé d’autogynéphilie (litt. « amour de soi en tant que femme »).