May Telmissany

Doctorat en littérature comparée, professeure agrégée, romancière, critique cinéma

« Les années de recherche (et d'enseignement) à l'UdeM ont été des plus riches et des plus fructueuses […]. J'ai appris surtout à écouter, à réfléchir, à développer une pensée critique et à structurer ma propre pensée de façon claire et précise. »

May Telmissany est une témoin engagée du vitalisme et de la richesse culturelle de l’arabophonie. Tout particulièrement celle qui aujourd’hui essaime aux États-Unis et au Canada à travers une diaspora dynamique, dont les membres sont présents dans toutes les sphères de la vie publique.

Soucieuse d’offrir à cette communauté une visibilité à hauteur de ses réalisations, la professeure au Département des langues et littératures modernes de l’Université d’Ottawa a cofondé en 2011 le Groupe de recherche en études arabes canadiennes (EACAN).

Diplômée de l’Université de Montréal, May voit en son parcours au Département de littérature comparée une étape fondamentale de sa formation d’auteure et de professeure. « Il y a dans ma vie intellectuelle un "avant" et un "après" mes années de doctorat à l'UdeM. 

« Ces années ont été des plus riches et des plus fructueuses; j'en garde des images fleuries et des voix inoubliables dans ma mémoire. J'ai appris surtout à écouter, à réfléchir, à développer une pensée critique et à structurer ma propre pensée de façon claire et précise », indique l’Égyptienne d’origine.

Pourtant, May est arrivée à l’UdeM avec un bagage culturel et littéraire saillant : maîtrise en lettres françaises, dispense de cours et de séminaires universitaires, bourse de l’Agence canadienne de développement internationale (ACDI), rédaction et animation culturelle à Radio Le Caire et de nombreuses publications, dont un roman primé (Doniazade).

Vulgarisatrice de la culture arabe et de la transnationalité des expatriés, elle évoque encore aujourd’hui la qualité du corps professoral que l’on retrouve au Département de littérature comparée. 

« Grâce à ses professeurs, j'ai appris à apprécier Edward Said et à lire les philosophes musulmans tels que Farabi et Averroès. C'était fabuleux! »

Pour l'heure, outre ses investissements à l’EACAN et l’enseignement qu’elle donne dans la capitale nationale, May continue à témoigner d’un intellect vif et sensible où fourmillent constamment idées et entreprises. L’une de celles-ci est un projet de recherche pourvu d’un financement CRSH, abordant l’esthétique des œuvres cinématographiques de la diaspora arabe d’Amérique du Nord.

À cela s’ajoute la publication imminente au Québec de Murailles du Paradis – Chroniques nomades. Fidèle à une écriture intimiste, nourrie de trames sociopolitiques, la plus récente œuvre de la romancière se veut autobiographique, inspirée de sa propre expérience identitaire arabo-canadienne.

Le conseil de May : « Nous avons tous droit à notre opinion; mais une opinion sans argumentation, sans réflexion, sans critique, ne vaut pas la peine d'être exprimée. Poser la question, la bonne, est un geste difficile. Ce faisant, il faudra aussi avoir la conviction que la réponse viendra éventuellement, ou ne viendra jamais. »

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